BRA 2015

Braver.... par désir .....? Réussir .... par plaisir ...? Admirer...mais souffrir....?

 

C'est un peu de tout ça le BRA !

 

 

Carol Marcel

 

Devant les difficultés d'organisation de cette 48 ème édition ( changements de dates à cause du tour de France, mais aussi de l'étape du Tour ASO, tunnel de la d 1091 effondré , routes fermées temporairement

pour travaux , nous pensions le BRA 2015 impossible !

 

Quand on m'a parlé pour la première fois du BRA je ne savais pas de quoi il s'agissait. Quelques renseignements glanés auprés d'autres cyclistes du club je commençais à me faire une petite idée de cette cyclomontagnarde réputée comme difficile sans préparation préalable.

 

Début 2015 je me suis donc inscrit avec Carol sans connaître vraiment où je mettais les pieds enfin plutôt les roues.

 

Carol et moi avons concocté une série de parcours pour optimiser notre forme et ainsi être prêts à franchir ces cols des Alpes sans grosse défaillance. Au menu nous avons gravi deux fois la route des crêtes de Cassis, deux fois l'Espigoulier,deux fois Notre Dame des Anges (Carol seulement car j'étais absent), deux fois le Babaou, une fois le Caume + le Faron + le Coudon, une fois le Caume + le Faron et quelques fois le Pas du Cerf et celui de la Griotte sans parler de la route du Camp et de Ceyreste que nous empruntons au cours de l'année.

 

Bref nous étions fermement décidés à en découdre avec ce BRA. Physiquement nous étions au top mais mentalement chacun a choisi sa méthode personnelle.

 

Le 10 juillet nous partons pour Vizille pour récupérer notre feuille de route et passer une nuit à l'hôtel IBIS à Gières où nous rencontrons d'autres cyclistes participants à ce BRA.

 

Après un réveil à 5 h 00 et un riche petit déjeuner nous nous dirigeons vers la ligne de départ le samedi 11 juillet vers 7 h 15. Les 25 premiers kilomètres de faux plat montant sont un échauffement puis à hauteur de la Rochetaillée nous attaquons les 29 kilomètres qui vont nous amener au col du Glandon. Le premier ravitaillement a lieu au km 39 à Rivier d'Allemont et le moral est au beau fixe. Les 14 kilomètres qui nous séparent de ce col présentent de fortes pentes et on s'aperçoit très vite qu'on va pas rigoler. Mais nos braquets aidant nous franchissons le col du Glandon km 55 où l'on se restaure et prend la pause devant le panneau du col pour prouver notre ascension.

Descente rapide mais technique vers Ste Marie de Cuines km 77 afin d'apprécier un plateau repas obligatoire,prendre quelques minutes de détente avant de repartir sous un soleil de plomb avec le ventre plein pour gravir les 17 virages de Montvernier à 7,5% de moyenne et arriver au sommet pour se désaltérer à la grande fontaine inespérée où certains ont failli y plonger pour se purifier.

Nous descendons ensuite allègrement vers St Jean de Maurienne et rejoignons St Michel de Maurienne distante de 14 km en milieu d'aprés-midi sous une température de plus de 35° en essayant de boire l'eau de nos bidons qui s'était transformée en tisane des Alpes.

 

Assoiffés mais pas épuisés nous nous attablons à un bistrot de ce coin perdu, avalant deux bières en attendant que la navette nous accompagne vers Valmeinier, notre hébergement à 1500 m d'altitude. Nous avons pris cette option prévue par l'organisation car les 14 km à gravir facultativement nous auraient liquéfié.

Après un dîner montagnard roboratif pris avec les quatre personnes d'Anjou complétant notre dortoir nous avons passé une nuit assez agitée à cause de ronflements, de porte qui grince et de lits qui couinent à chaque mouvement des corps lesquels pouvaient encore bouger malgré la distance parcourue.

 

Dimanche 12 juillet réveil à 5 h 00 pour avaler un petit déjeuner copieux puis descente de Valmeinier à vélo pour rejoindre St Jean de Maurienne à 20 km pour le grand départ vers les cols du Mollard et de la Croix de Fer. La montée du col du Mollard n'a pas été facile mais la fraîcheur nous a aidé dans les moments les plus délicats. Aprés les photos d'usage au sommet km 107 il fallait entamer la dernière difficulté du parcours le col de la Croix de Fer.

Une premiére descente agréable et un long faux plat montant nous mettaient en confiance avant de franchir un tunnel de 250 m dans lequel je n'ai vu que du noir car j'avais oublié de retirer mes lunettes de soleil ( frissons garantis ). Mais à l'entrée de St Sorlin d'Arves km 124 nous faisons face à un mur d'escalade sans fin qui a dû en surprendre plus d'un. En effet la pente raide sur quelques kilomètres, nous faisait comprendre que le col se méritait.

A ce moment là tu as plusieurs options selon ta forme et ton moral : soit tu t'arrêtes et tu attends le prochain autocar, soit tu rentres dans le premier bistrot et tu bois deux bières pour infléchir la pente et repartir, soit tu continues et tu invoques ta mère, ta femme ,ta maîtresse cachée ou dieu si tu crois en lui pour te donner le courage de pédaler et vaincre la force de gravité. Face à l'adversité et jusqu'au sommet tu passes par différents stades: le découragement, la douleur, la colère jusqu'à une mystique qui te sublime pour aller au-delà de cette épreuve physique et mentale.

 

Enfin la délivrance au col de la Croix de Fer km 132 renommé col du Calvaire après notre passage mais avec une grande satisfaction d'avoir accompli notre mission. Une pause s'avérait nécessaire à ce ravitaillement où assis sur un banc je sentais mes muscles se rétracter et ne plus pouvoir me lever sans l'aide de Molinari qui passait par là.

Les photos terminées et nos corps requinqués nous nous jetons dans la pente pour une folle descente jusqu'à Rivier d'Allemont km 150, avec un dernier ravitaillement, même si quatre lacets pentus consommaient nos dernières forces. Repus et contents nous nous lançons dans l'ultime descente d'enfer vers la Rochetaillée km 165 pour arriver à Vizille km 190 avec un vent de face qui retardait le dernier contrôle final.

 

Après une légère collation et une douche revigorante nous savourons une bonne bière bien méritée avant de repartir vers Toulon, notre port d'attache.

 

PS: l'absence de compteur sur mon vélo m'a favorablement servi pour me consacrer uniquement à pédaler.

 

Le 19 juin 2016 sera organisé le BRO (brevet de randonnée de l'Oisans) et je vous engage à y participer tellement la montagne est belle.

 

De Marcel Tron

 

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